PLAIDOYER POUR LE MAINTIEN DE LA SEMAINE DE 4 JOURS

Madame, Monsieur,

Depuis quelques semaines, nous assistons à une vaste opération de désinformation dans laquelle un matraquage médiatique sans précédent faire croire qu’avec 5 jours de classe consécutifs (du jamais vu par le passé), les enfants seraient moins fatigués.

A ce jour, aucune étude ne prouve que les élèves qui vivent la semaine de 4 jours seraient plus fatigués ou auraient de moins bons résultats. Au contraire, ce dispositif était plébiscité, tant par les parents (favorables à l’unanimité lors des sondages réalisés), par les enfants (qui disposent d’une meilleure qualité de sommeil : 3 nuits de repos), que par les enseignants eux-mêmes (la rupture du mercredi étant une soupape nécessaire dans un métier qui devient de plus en plus difficile face aux pressions qui s’élèvent de toutes parts).

Le retour à la semaine de 4 jours et demi avec cours le mercredi en guise de variable explicative de l’échec scolaire n’est, à notre sens, qu’une illusion : cette réforme jugée néfaste, ne se fera pas sans conséquences pour les enfants, les parents, les enseignants et les municipalités.

Le passage forcé à une organisation de 5 jours consécutifs sans plus aucune rupture dans la semaine, c’est :

Ces nouvelles orientations, imposées de force, ne favoriseront en rien la réussite des élèves (on peut raisonnablement s’interroger sur l’accroissement probable de la fatigue des élèves et sur le temps de présence accru en collectivité au détriment du rôle essentiel de la cellule familiale quant à l’éducation). Cela aura également pour effet de fragiliser l’institution toute entière, car les conditions de vie professionnelles et personnelles des enseignants, et de leur engagement par voie de conséquence, ne vont pas dans le sens de l’amélioration. Les collectivités locales enfin, déjà frappées par les restrictions successives se verront imposer des charges supplémentaires auxquelles elles ne pourront échapper.

Soucieux du bien-être des enfants, du rôle primordial des parents dans l’éducation de leurs enfants, de la garantie du sens de l’effort, du maintien d’un travail de qualité, de la spécificité des écoles rurales (dont le contexte est différent des villes), nous revendiquons ouvertement notre attachement à la semaine de 4 jours car elle permet :

La réforme sur les rythmes scolaires argumentés par les chronobiologistes se soldera par un allongement de la semaine de travail. Nous nous insurgeons contre l’hypocrisie qui laisse à croire que face aux dérives de la société et à la perte d’autorité des parents, l’école serait la dernière ressource chargée d’apporter toutes les réponses.

Nous pensons au contraire qu’il est essentiel que la réussite des élèves passe par les savoirs fondamentaux, les notes, les leçons, les exercices, les devoirs, les encouragements, les sanctions bienveillantes et les maintiens quand cela est avéré. Cette pédagogie rationnelle, alliée à la restauration de la responsabilité des parents dans leur rôle éducatif, permet de faire classe 4 jours de manière efficiente tout en préservant un mercredi sportif et artistique ainsi qu’un week-end familial éducatif et paisible.

En référence à l’intitulé « Indignez-vous ! » de l’essai de Stéphane Hessel, nous voulons nous indigner ouvertement sur les orientations que l’on veut nous imposer et que nous jugeons à contre courant de ce qu’il serait louable d’envisager à la lumière de l’évolution récente de la société.

Pour marquer notre désaccord, nous porterons symboliquement un badge sur lequel le slogan « Touche pas à mon mercredi ! » résume les propos développés plus haut.

Devant l’importance des enjeux et de l’urgence de la situation, les arbitrages définitifs ayant lieu courant novembre pour une mise en place à la rentrée 2013, il est capital de diffuser l’information et de prendre position.

Signé : Le Collectif pour le maintien de la semaine de 4 jours

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